Travail en extérieur par canicule : obligations de l’employeur, gestes essentiels, DUERP et ISO 45001

Chaque été, les températures battent de nouveaux records. Les épisodes de canicule se multiplient, et les travailleurs en extérieur se retrouvent en première ligne. Maçons, agriculteurs, agents de voirie, paysagistes, conducteurs d’engins de chantier… Ils affrontent la chaleur sans pouvoir se réfugier dans un bureau climatisé. Pourtant, le travail en extérieur par canicule représente un risque professionnel réel, documenté et encadré par la loi. Ignorer ce risque, c’est s’exposer à des accidents graves, voire mortels.

En France, le Code du travail impose à tout employeur d’évaluer les risques auxquels ses salariés sont exposés. La chaleur intense en fait partie. Depuis le 1er juillet 2025, de nouvelles dispositions renforcent encore ces obligations. Elles lient les mesures à prendre aux niveaux de vigilance météorologique définis par Météo-France. Autrement dit, dès qu’une alerte jaune, orange ou rouge est déclenchée, l’employeur doit agir. Il ne peut plus attendre que la situation devienne critique.

Mais que faire concrètement ? Quelles mesures mettre en œuvre pour protéger les salariés exposés à de fortes chaleurs ? Comment intégrer ce risque dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels, plus connu sous le nom de DUERP ? Et quel rôle peut jouer la norme ISO 45001 dans la prévention des risques thermiques au sein des entreprises ?

Cet article répond à ces questions de façon pratique et opérationnelle. Que vous soyez dirigeant, responsable QSE, manager de proximité ou représentant du personnel, vous trouverez ici les éléments essentiels pour construire une démarche de prévention solide. Car face à la canicule, la prévention n’est pas une option. C’est une obligation légale, un impératif humain et un engagement de l’entreprise envers ses collaborateurs. Agir avant la vague de chaleur, c’est déjà protéger ses équipes.

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Les dangers du travail en extérieur en période de canicule

Les effets de la chaleur sur l’organisme

Travail en extérieur par canicule

Lorsqu’un salarié travaille en extérieur sous une forte chaleur, son corps doit fournir un effort considérable pour maintenir sa température interne stable, autour de 37 °C. Pour y parvenir, l’organisme active ses mécanismes de thermorégulation : il transpire, il dilate les vaisseaux sanguins, il accélère le rythme cardiaque. Ces réactions sont naturelles. Mais elles ont des limites, surtout quand la température extérieure dépasse 28 à 30 °C et que l’effort physique est soutenu.

Les premiers signes d’alerte apparaissent rapidement. Fatigue intense, maux de tête, vertiges, nausées, crampes musculaires… Ces symptômes courants signalent que l’organisme est en astreinte thermique. Si rien n’est fait, la situation peut évoluer vers des troubles bien plus graves. La déshydratation s’installe progressivement, parfois sans que le salarié s’en rende compte, car la sensation de soif est un signal tardif. En parallèle, la concentration diminue et les temps de réaction s’allongent, ce qui augmente directement le risque d’accident du travail.

Le stade le plus dangereux est le coup de chaleur. Il survient quand le corps ne parvient plus à réguler sa température. La peau devient chaude et sèche, la confusion mentale s’installe, la personne peut perdre connaissance. Il s’agit d’une urgence médicale absolue qui engage le pronostic vital. Selon l’INRS, certains décès liés à la chaleur surviennent sur le lieu de travail, particulièrement lors des épisodes de canicule prolongée. Par ailleurs, des facteurs aggravants comme l’âge, certains médicaments ou une pathologie chronique rendent certains salariés encore plus vulnérables. L’employeur doit en tenir compte dans son évaluation des risques.

Les secteurs et métiers les plus exposés au travail en extérieur par canicule

Tous les salariés ne sont pas égaux face à la canicule. Certains secteurs d’activité exposent les travailleurs à des conditions thermiques particulièrement sévères, du fait de la nature même de leurs tâches. Il est essentiel de les identifier pour adapter les mesures de prévention en conséquence.

Le bâtiment et les travaux publics figurent en tête des secteurs les plus touchés. Les ouvriers du BTP passent leurs journées en plein soleil, souvent sur des surfaces qui réfléchissent et amplifient la chaleur : toitures, bitume, béton. Ils portent des équipements de protection individuelle lourds et réalisent des efforts physiques intenses. C’est un cocktail particulièrement dangereux en période de forte chaleur.

L’agriculture et les espaces verts sont également très concernés. Les agriculteurs, viticulteurs, maraîchers et agents d’entretien des espaces verts travaillent exposés au rayonnement solaire direct, souvent dans des zones sans ombrage. De même, les travaux routiers et les chantiers d’infrastructures regroupent des équipes soumises à des temperatures de surface pouvant dépasser largement les températures de l’air ambiant.

D’autres métiers sont moins évidents mais tout aussi exposés. Les livreurs, les agents de propreté urbaine, les ouvriers portuaires ou encore les équipes de déménagement cumulent effort physique et exposition à la chaleur extérieure. Même les forces de l’ordre et les agents de sécurité en poste en extérieur peuvent être concernés lors d’un épisode de canicule.

Reconnaître l’exposition de ses équipes est la première étape d’une démarche de prévention efficace. C’est aussi une exigence du DUERP, comme nous le verrons plus loin.

Les obligations de l’employeur face au travail en extérieur par canicule

Évaluer les risques thermiques : une obligation légale

Travail en extérieur par canicule

L’évaluation des risques est le point de départ de toute démarche de prévention. Elle n’est pas facultative. L’article L. 4121-1 du Code du travail impose à chaque employeur de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés. Le risque lié à la chaleur intense en fait explicitement partie, qu’il s’agisse de travaux en intérieur ou en extérieur.

Depuis le 1er juillet 2025, cette obligation a été renforcée. Le Code du travail prévoit désormais des mesures spécifiques à déclencher selon les niveaux de vigilance météorologique établis par Météo-France. Concrètement, dès qu’un département passe en vigilance jaune, orange ou rouge pour chaleur extrême, l’employeur doit procéder à une réévaluation des risques pour chacun de ses salariés exposés. Il ne suffit plus de s’appuyer sur une évaluation annuelle générique. L’approche doit être dynamique et réactive.

Cette évaluation doit prendre en compte plusieurs paramètres. D’abord, la température de l’air et le rayonnement solaire auxquels les salariés sont exposés. Ensuite, la charge physique de travail : un travail léger ne génère pas la même astreinte thermique qu’un effort intense. Il faut également intégrer les facteurs individuels de vulnérabilité : âge, état de santé, traitement médical en cours. Enfin, l’organisation du travail et les équipements disponibles, comme l’accès à l’ombre ou à l’eau fraîche, influencent directement le niveau de risque réel.

Cette évaluation doit être formalisée et tracée dans le DUERP. C’est une condition indispensable pour démontrer que l’employeur a rempli son obligation de sécurité.

Les mesures de prévention à mettre en place

Face au travail en extérieur par canicule, l’employeur dispose d’un arsenal de mesures de prévention concrètes. L’article R. 4463-3 du Code du travail en dresse une liste non exhaustive. Ces mesures doivent être adaptées à chaque situation de travail et réévaluées dès que les conditions climatiques s’aggravent.

En premier lieu, l’organisation du travail constitue le levier le plus puissant. L’employeur peut décaler les tâches les plus physiques aux heures les plus fraîches de la journée, généralement tôt le matin. Il peut également augmenter la fréquence des pauses, les prévoir dans des espaces ombragés ou climatisés, et réduire la durée journalière d’exposition à la chaleur. La rotation des équipes sur les postes les plus exposés est aussi une mesure efficace.

Ensuite, l’employeur doit assurer l’accès à de l’eau potable fraîche à proximité des postes de travail, en quantité suffisante tout au long de la journée. Pour les chantiers du BTP, la réglementation impose même un minimum de 3 litres d’eau fraîche par salarié et par jour. Des moyens pour maintenir l’eau au frais doivent être prévus.

Par ailleurs, l’employeur doit fournir des équipements de protection individuelle adaptés : vêtements légers et respirants, couvre-chefs, crèmes anti-UV. Il doit également aménager les postes de travail pour limiter l’exposition directe au rayonnement solaire : tentes, bâches d’ombrage, écrans de protection thermique.

Enfin, l’information et la formation des salariés sont obligatoires. Chaque travailleur doit connaître les signes d’alerte du coup de chaleur, les gestes à adopter et la conduite à tenir en cas d’urgence. Une équipe informée réagit mieux et plus vite. C’est une obligation légale et un acte de management responsable.

Niveaux de vigilance Météo-France : jaune, orange, rouge

Depuis le 1er juillet 2025, le dispositif de vigilance météorologique de Météo-France est officiellement intégré au Code du travail. Il devient un outil de référence pour les employeurs. Chaque niveau de vigilance correspond à un degré d’exposition et impose des actions spécifiques de la part de l’entreprise. Comprendre ces niveaux, c’est pouvoir anticiper et agir au bon moment.

La vigilance jaune signale un risque de chaleur nécessitant une attention particulière. À ce stade, l’employeur doit vérifier que ses mesures de prévention habituelles sont en place et opérationnelles : eau fraîche disponible, pauses respectées, salariés informés. C’est le moment de rappeler les consignes et de s’assurer que les travailleurs vulnérables sont identifiés et surveillés de près.

La vigilance orange indique un épisode de chaleur intense. L’employeur doit alors procéder à une réévaluation des risques pour chacun de ses salariés exposés. Les mesures doivent être renforcées : aménagement des horaires, augmentation de la fréquence des pauses, renforcement de l’accès à l’ombre et à l’eau. Si des salariés présentent des signes de fatigue thermique, leur affectation doit être revue immédiatement.

La vigilance rouge correspond à une situation exceptionnelle et dangereuse. À ce niveau, l’employeur est tenu d’effectuer une réévaluation quotidienne des risques. Si les mesures en place s’avèrent insuffisantes, notamment pour des travaux physiques intenses réalisés à très haute température, il doit décider l’arrêt des travaux. En cas de suspension d’activité liée à la canicule, l’entreprise peut solliciter le dispositif d’activité partielle auprès des DREETS.

Ce cadre réglementaire clair donne aux employeurs une feuille de route opérationnelle. Il ne laisse plus de place à l’improvisation face aux obligations canicule.

Les gestes essentiels pour protéger les salariés en extérieur

Les bons réflexes au quotidien face à la forte chaleur

Travail en extérieur par canicule

La prévention de la chaleur ne repose pas uniquement sur l’employeur. Les salariés eux-mêmes jouent un rôle essentiel. Adopter les bons réflexes au quotidien permet de réduire significativement les risques liés au travail en extérieur par canicule. Ces gestes sont simples, mais ils sauvent des vies. Il faut donc les connaître, les pratiquer et les rappeler régulièrement.

Le premier réflexe est de s’hydrater régulièrement. Il faut boire de l’eau fraîche toutes les 15 à 20 minutes, sans attendre d’avoir soif. La soif est un signal tardif de déshydratation. En période de forte chaleur, un travailleur en activité physique peut perdre jusqu’à 1,5 litre d’eau par heure. Eviter les boissons sucrées, alcoolisées ou très froides, qui aggravent la déshydratation au lieu de la combattre.

Le deuxième réflexe concerne la protection physique. Porter un chapeau ou une casquette à larges bords, des vêtements légers et respirants de couleur claire, et appliquer une crème solaire sur les parties exposées. Lorsque c’est possible, travailler à l’ombre ou utiliser des protections comme des bâches ou des parasols. Adapter son rythme de travail en réduisant l’intensité des efforts lors des pics de chaleur, généralement entre 12h et 16h.

Le troisième réflexe est de surveiller ses collègues. Un salarié qui souffre de la chaleur peut ne pas s’en rendre compte lui-même. La solidarité entre collègues est un filet de sécurité précieux. Signaler tout signe inhabituel confusion, pâleur, faiblesse soudaine permet d’intervenir avant que la situation ne bascule vers une urgence médicale. Ces réflexes collectifs font partie intégrante d’une culture de prévention efficace.

Reconnaître le coup de chaleur au travail et agir vite

Le coup de chaleur au travail est l’accident le plus grave lié à l’exposition à la chaleur extrême. Il survient lorsque le corps n’est plus capable de réguler sa température interne. Sans intervention rapide, il peut entraîner des séquelles neurologiques irréversibles, voire le décès. Reconnaître ses signes avant-coureurs est donc une compétence essentielle pour tout salarié travaillant en extérieur.

Les symptômes du coup de chaleur sont caractéristiques. La peau devient chaude, rouge et sèche, contrairement à la simple insolation où la transpiration persiste. La température corporelle dépasse 40 °C. La personne présente une confusion mentale, des propos incohérents, des difficultés à marcher ou à tenir debout. Elle peut également perdre connaissance. Ces signes constituent une urgence médicale absolue. Chaque minute compte.

En présence d’un coup de chaleur, la réaction doit être immédiate et organisée. Il faut d’abord appeler le 15 ou le 112sans délai. En attendant les secours, installer la victime à l’ombre ou dans un endroit frais, la allonger et surélever légèrement ses jambes. Il faut ensuite refroidir rapidement le corps : appliquer des linges humides et froids sur la nuque, les aisselles et les aines, zones où les vaisseaux sanguins sont proches de la peau. Utiliser un ventilateur si disponible. Ne jamais laisser la personne seule.

L’employeur a l’obligation de former ses salariés à ces gestes de premiers secours. Des formations SST (Sauveteur Secouriste du Travail) permettent d’acquérir ces réflexes vitaux. Par ailleurs, chaque chantier ou poste de travail en extérieur doit disposer d’une trousse de premiers secours et d’un plan d’action clairement défini en cas d’urgence canicule.

DUERP et canicule : intégrer le risque thermique dans l’évaluation

Comment identifier et coter le risque canicule dans le DUERP ?

Travail en extérieur par canicule

Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels est l’outil central de la prévention en entreprise. Il recense l’ensemble des risques auxquels les salariés sont exposés et définit les actions à mettre en place pour les réduire. Le risque thermique lié à la canicule doit y figurer explicitement, surtout lorsque des salariés travaillent en extérieur. Ne pas l’intégrer expose l’employeur à une faute inexcusable en cas d’accident.

Pour identifier ce risque, l’employeur doit analyser chaque unité de travail concernée par l’exposition à la chaleur. Il s’agit de recenser les postes de travail en extérieur, les tâches réalisées, les horaires d’exposition et les conditions climatiques habituellement rencontrées. Il faut également prendre en compte les facteurs aggravants propres à chaque situation : absence d’ombrage, port d’EPI lourds, charge physique élevée, salariés isolés.

Une fois les risques identifiés, il convient de les coter. La cotation classique croise la probabilité d’occurrence du risque avec sa gravité potentielle. En période de canicule, un travail physique intense réalisé en plein soleil sans accès à l’eau et sans possibilité de pause représente un risque élevé, voire critique. Cette cotation justifie des actions de prévention prioritaires et immédiates.

Le DUERP doit également mentionner les populations vulnérables présentes dans l’entreprise : salariés âgés de plus de 55 ans, femmes enceintes, travailleurs sous traitement médical. Ces profils nécessitent des mesures spécifiques. Enfin, il est recommandé de s’appuyer sur les ressources de l’INRS et du service de prévention et de santé au travail pour affiner cette évaluation. Vous pouvez consulter notre page dédiée au DUERP pour vous accompagner dans cette démarche.

Mettre à jour le DUERP : quand et comment agir ?

Le DUERP n’est pas un document figé. La réglementation impose de le mettre à jour au minimum une fois par an, mais aussi à chaque fois qu’une situation nouvelle génère de nouveaux risques. Un épisode de canicule, une alerte météorologique orange ou rouge, l’arrivée de nouveaux salariés sur des postes exposés à la chaleur… Tous ces événements justifient une révision immédiate du document unique. Attendre la prochaine mise à jour annuelle serait une erreur, tant sur le plan réglementaire que sur le plan humain.

Concrètement, la mise à jour du risque thermique dans le DUERP doit suivre une démarche structurée. En premier lieu, il faut revisiter les unités de travail concernées par l’exposition à la chaleur extérieure et actualiser la cotation des risques en fonction des conditions réelles. Si de nouvelles tâches ont été intégrées ou si les effectifs exposés ont évolué, il convient de le mentionner explicitement. Ensuite, il faut actualiser le plan d’actions : les mesures de prévention déjà en place sont-elles suffisantes ? Ont-elles été appliquées ? Faut-il en ajouter de nouvelles ?

La mise à jour du DUERP doit également intégrer le retour d’expérience. Si un salarié a présenté des signes de malaise thermique lors d’un épisode de chaleur précédent, cet incident doit être analysé et consigné. Il devient une donnée d’entrée précieuse pour améliorer les mesures de prévention futures. C’est le principe de l’amélioration continue, au cœur de toute démarche QSE sérieuse.

Enfin, le CSE ou le CSSCT doit être associé à cette démarche. Les représentants du personnel ont un droit de regard sur le DUERP et peuvent formuler des observations. Leur implication renforce la légitimité des actions engagées et favorise l’adhésion des équipes sur le terrain.

ISO 45001 et management des risques thermiques au travail

Le cadre de l’ISO 45001 appliqué aux risques de canicule

Travail en extérieur par canicule

La norme ISO 45001 est la référence internationale en matière de management de la santé et de la sécurité au travail. Elle fournit un cadre structuré pour identifier les dangers, évaluer les risques et mettre en place des actions de prévention efficaces. Son approche systématique en fait un outil particulièrement adapté pour gérer des risques complexes et évolutifs, comme ceux liés au travail en extérieur par canicule.

Le cœur de la norme repose sur le cycle Plan-Do-Check-Act, soit Planifier, Réaliser, Vérifier et Améliorer. Appliqué aux risques thermiques, ce cycle prend tout son sens. En phase de planification, l’organisation identifie les situations de travail exposées à la chaleur, évalue les risques associés et définit des objectifs de prévention mesurables. Elle tient compte du contexte réglementaire, notamment des nouvelles dispositions du Code du travail liées aux niveaux de vigilance météorologique.

En phase de réalisation, l’entreprise déploie ses mesures de prévention : aménagement des horaires, fourniture d’eau fraîche, formation des salariés, équipements de protection adaptés. Elle s’assure que les responsabilités sont clairement attribuées. Qui surveille les alertes Météo-France ? Qui décide de l’arrêt des travaux en vigilance rouge ? Ces questions doivent trouver des réponses précises dans le système de management.

La phase de vérification permet de s’assurer que les mesures produisent les effets attendus. Des indicateurs de performance peuvent être suivis : nombre d’incidents thermiques, taux de respect des pauses, consommation d’eau sur les chantiers. Enfin, la phase d’amélioration intègre le retour d’expérience pour renforcer le dispositif chaque année. C’est cette logique d’amélioration continue qui distingue une entreprise certifiée ISO 45001 d’une organisation qui se contente de respecter le minimum réglementaire.

ISO 45001 risques thermiques : du plan canicule entreprise au système de management

L’un des apports majeurs de l’ISO 45001 est de transformer des obligations réglementaires ponctuelles en une démarche de management structurée et pérenne. Le plan canicule entreprise en est un bon exemple. Sans référentiel normatif, ce plan reste souvent un document isolé, sorti des tiroirs à chaque été et rapidement oublié. Avec l’ISO 45001, il devient un processus intégré au système de management de la santé et sécurité au travail, revu, testé et amélioré chaque année.

Concrètement, la norme exige que l’organisation identifie l’ensemble de ses parties intéressées et leurs exigences. Dans le contexte des risques thermiques, cela inclut les salariés exposés, les représentants du personnel, les services de santé au travail, mais aussi les donneurs d’ordre sur les chantiers extérieurs. Chacun a un rôle à jouer dans la gestion de la canicule. L’ISO 45001 formalise ces rôles et les responsabilités associées.

La norme impose également de traiter les risques et opportunités de façon proactive. Ainsi, une entreprise certifiée ISO 45001 ne attend pas qu’un salarié fasse un malaise pour agir. Elle anticipe. Elle planifie ses ressources en fonction des prévisions météorologiques, elle forme ses encadrants à reconnaître les signes du coup de chaleur au travail, elle teste son plan canicule en conditions réelles avant l’été. Cette anticipation est précisément ce que recherchent les organisations soucieuses de leur performance SST.

Enfin, l’audit interne et la revue de direction, deux exigences clés de l’ISO 45001, permettent de vérifier régulièrement l’efficacité des dispositions prises. Ils garantissent que le management des risques thermiques reste une priorité, même en dehors des périodes estivales. Pour en savoir plus sur la certification et son apport concret, consultez notre page dédiée à la certification ISO 45001.

Construire un plan canicule entreprise efficace

Les étapes clés d’un plan canicule opérationnel

Travail en extérieur par canicule

Un plan canicule entreprise efficace ne s’improvise pas. Il se construit en amont, avant l’arrivée des premières chaleurs, et s’appuie sur une démarche structurée. Trop souvent, les entreprises réagissent dans l’urgence lorsque la température grimpe. Or, une réaction tardive expose les salariés à des risques inutiles et l’employeur à des responsabilités juridiqueslourdes. Anticiper, c’est protéger.

La première étape consiste à désigner un référent canicule au sein de l’entreprise. Ce peut être le responsable QSE, un manager de proximité ou un membre du CSE. Son rôle est de surveiller quotidiennement les alertes météorologiques de Météo-France pendant la période estivale, de déclencher les mesures adaptées selon le niveau de vigilance et de coordonner les actions sur le terrain. Sans pilote identifié, le plan reste lettre morte.

La deuxième étape est de cartographier les postes exposés. Quels salariés travaillent en extérieur ? Sur quels horaires ? Avec quelle intensité physique ? Cette cartographie alimente directement le DUERP et permet de prioriser les actions. Elle doit également recenser les travailleurs vulnérables : âge avancé, pathologie chronique, grossesse, traitement médicamenteux.

La troisième étape consiste à définir les mesures par niveau de vigilance. Pour chaque niveau — jaune, orange, rouge — le plan précise les actions à déclencher : aménagement des horaires, fourniture d’eau fraîche, mise à l’abri, voire arrêt des travaux. Ces mesures doivent être documentées, datées et communiquées à l’ensemble des équipes avant l’été. Une réunion de sensibilisation avec les salariés et les encadrants est fortement recommandée. Elle permet de s’assurer que chacun connaît son rôle lorsque la canicule frappe.

Impliquer les salariés et le CSE dans la démarche

La prévention des risques thermiques ne peut pas reposer uniquement sur la direction. Elle exige l’implication de l’ensemble des acteurs de l’entreprise. Les salariés sont les premiers concernés. Ce sont eux qui ressentent la chaleur, qui observent les conditions réelles sur le terrain et qui peuvent alerter en cas de situation dangereuse. Les intégrer dans la construction du plan canicule entreprise n’est pas seulement une bonne pratique. C’est une condition de son efficacité.

Le CSE, Comité Social et Économique, joue un rôle central dans cette démarche. Il doit être consulté lors de la mise à jour du DUERP et lors de l’élaboration ou de la révision du plan canicule. Ses membres disposent d’un droit d’alerte en cas de danger grave et imminent. En période de vigilance rouge, cette prérogative prend tout son sens. L’employeur doit donc travailler en étroite collaboration avec les représentants du personnel, et non les informer après coup.

Concrètement, plusieurs actions favorisent cette implication collective. Organiser une réunion de sensibilisation avant l’été, au cours de laquelle les gestes de prévention, les signes du coup de chaleur au travail et les procédures d’urgence sont présentés et discutés. Afficher les consignes canicule sur les lieux de travail, dans les vestiaires et les zones de pause. Distribuer un mémo pratique à chaque salarié exposé. Ces actions simples renforcent la culture de sécurité au sein de l’entreprise.

Enfin, recueillir le retour d’expérience des salariés après chaque épisode de chaleur intense est indispensable. Qu’est-ce qui a bien fonctionné ? Quelles mesures ont été difficiles à appliquer sur le terrain ? Ces observations permettent d’améliorer le plan d’une année sur l’autre. C’est précisément la logique portée par l’ISO 45001 : apprendre, ajuster et progresser en continu.

Pour conclure :

Le travail en extérieur par canicule n’est plus un risque qu’on peut gérer à l’instinct ou à la bonne volonté. C’est un risque professionnel documenté, encadré par la loi et de plus en plus fréquent avec le réchauffement climatique. Les employeurs ont des obligations claires : évaluer les risques thermiques, mettre en place des mesures de prévention adaptées et les ajuster en temps réel selon les niveaux de vigilance météorologique. Ne pas agir, c’est s’exposer à des accidents graves et à des responsabilités juridiques lourdes.

Tout au long de cet article, nous avons vu que la prévention de la chaleur repose sur plusieurs piliers complémentaires. D’abord, la connaissance des effets de la chaleur sur l’organisme et des secteurs les plus exposés. Ensuite, la maîtrise des obligations légales de l’employeur, renforcées depuis juillet 2025. Puis l’adoption de gestes simples mais essentiels par les salariés et leurs encadrants, notamment pour reconnaître et traiter le coup de chaleur au travail. Enfin, l’intégration du risque thermique dans le DUERP et dans un système de management structuré, à l’image de ce que préconise la norme ISO 45001.

Ces démarches ne sont pas réservées aux grandes entreprises. Toute organisation, quelle que soit sa taille, peut et doit agir à son niveau. Un plan canicule entreprise bien construit, un DUERP à jour et des salariés formés font la différence sur le terrain. Ils permettent de traverser les épisodes de forte chaleur sans accident et en toute conformité réglementaire.

Vous souhaitez être accompagné dans la mise à jour de votre DUERP ou dans votre démarche de certification ISO 45001? Nos experts sont à votre disposition pour vous aider à bâtir une prévention des risques thermiques solide, durable et adaptée à votre activité.

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