L’essentiel en 30 secondes :

  • L’audit interne QSE est obligatoire pour les normes ISO 9001, ISO 14001 et ISO 45001.
  • Sa réussite repose sur quatre temps : programmer, préparer, réaliser, suivre.
  • La norme ISO 19011 fournit la méthode de référence pour conduire chaque étape.
  • Un audit bien mené devient un outil d’amélioration, pas une simple formalité.

Temps de lecture :

7-8 minutes

Audit interne QSE
audit interne QSE

Ce guide a un objectif simple : vous permettre de conduire vous-même un audit interne QSE, de la planification jusqu’au suivi des actions. Il s’adresse aux responsables QSE, aux auditeurs internes débutants et aux dirigeants de PME qui préparent une certification ISO 9001, ISO 14001 ou ISO 45001. Aucun prérequis technique n’est nécessaire. Il suffit de connaître les grandes lignes de votre système de management.

La méthode suit les quatre grandes phases décrites par la norme ISO 19011, la référence internationale pour l’audit des systèmes de management. Vous allez d’abord construire votre programme d’audit : périmètre, fréquence et choix des auditeurs. Ensuite, vous préparerez chaque audit grâce à l’analyse documentaire, au plan d’audit et à la check-list. Le troisième temps correspond au jour de l’audit, avec la réunion d’ouverture, les entretiens et la réunion de clôture. Enfin, vous apprendrez à rédiger le rapport d’audit et à traiter les non-conformités jusqu’à la vérification de leur efficacité.

Chaque étape suit la même logique. Nous expliquons d’abord ce que demande la norme. Nous montrons ensuite comment le faire concrètement, avec des exemples de questions, des formulations de constats et les erreurs à éviter. Au milieu du guide, un tableau récapitulatif reprend les exigences à vérifier pour chaque norme, avec les sources officielles.

Vous pouvez lire le guide d’une traite ou aller directement à l’étape qui vous intéresse grâce au sommaire situé à gauche. Gardez-le sous la main pendant votre préparation. Il a été pensé comme un outil de travail, pas comme un simple article. Nos consultants l’ont construit à partir de leur expérience des audits menés en entreprise, dans l’industrie comme dans les services. Commençons par la première question à se poser.

audit interne QSE

Un audit interne QSE est un examen méthodique de votre système de management, mené par l’entreprise elle-même ou pour son compte. Il vérifie deux choses. D’abord, vos pratiques respectent-elles les exigences des normes et vos propres règles ? Ensuite, ces pratiques donnent-elles les résultats attendus ? La norme ISO 19011 parle d’un processus indépendant et documenté, fondé sur des preuves objectives. Autrement dit, l’auditeur ne juge pas sur une impression. Il s’appuie sur des faits vérifiables : un enregistrement, une observation, un entretien.

On parle d’audit de première partie, car l’organisme s’évalue lui-même. À l’inverse, l’audit de seconde partie est réalisé par un client chez son fournisseur, et l’audit de tierce partie par un organisme certificateur. L’audit interne n’aboutit donc à aucun certificat. En revanche, il prépare le terrain pour l’audit de certification et permet de corriger les écarts avant qu’un auditeur externe ne les relève.

Le terme QSE signifie que l’audit couvre en même temps la qualité, l’environnement et la santé-sécurité au travail. C’est possible parce que les normes ISO 9001, ISO 14001 et ISO 45001 partagent une structure commune. Le contexte, le leadership, la planification ou la revue de direction se retrouvent dans les trois. Un seul audit peut donc examiner un processus sous ses trois angles. Prenons l’exemple d’un atelier de production. L’auditeur vérifie la maîtrise des produits non conformes, le tri des déchets et le port des équipements de protection au cours de la même visite.

Pour bien démarrer, retenez quatre mots clés. Les critères d’audit sont les exigences de référence. Les preuves d’auditsont les éléments collectés. Les constats comparent les preuves aux critères. Enfin, les conclusions résument le résultat de l’audit.

Comment choisir et former ses auditeurs internes QSE ?

Les normes ne réservent pas l’audit interne à un profil particulier. Elles posent deux conditions : l’auditeur doit être compétent et il ne doit pas auditer son propre travail. Un technicien de maintenance peut donc auditer les achats, tandis que la responsable des achats audite l’atelier. Cette règle garantit l’objectivité du regard. Dans une petite structure, elle demande parfois un peu d’organisation. Vous pouvez alors croiser les audits entre deux sites ou faire appel à un auditeur externe pour les processus sensibles.

Côté compétences, la norme ISO 19011 distingue deux volets. Le premier concerne la méthode : préparer un audit, poser des questions ouvertes, collecter des preuves et rédiger des constats. Le second porte sur les sujets audités, c’est-à-dire les exigences de l’ISO 9001, de l’ISO 14001 et de l’ISO 45001. En QSE, un auditeur doit aussi connaître les bases de la réglementation environnementale et de la sécurité au travail. Sans cela, il passera à côté d’écarts importants.

Les qualités personnelles comptent tout autant. Un bon auditeur écoute plus qu’il ne parle. Il reste factuel, garde son calme face à un audité sur la défensive et sait reconnaître ce qui fonctionne bien.

Pour former vos auditeurs, une formation d’auditeur interne de deux à trois jours constitue une bonne base. Elle doit inclure des mises en situation, car la théorie seule ne prépare pas aux entretiens réels. Ensuite, faites réaliser les premiers audits en binôme avec un auditeur expérimenté. Enfin, évaluez vos auditeurs chaque année. Relisez leurs rapports, recueillez l’avis des audités et notez les besoins de formation. Ces éléments servent de preuves de compétence lors de l’audit de certification.

Un audit se gagne avant le jour J. Comptez en moyenne une demi-journée de préparation pour une journée sur le terrain. Démarrez deux à trois semaines avant la date prévue en rassemblant les documents du processus audité. Il s’agit de la fiche processus, des procédures, des indicateurs et du dernier rapport d’audit. Ajoutez la liste des actions en cours, les réclamations clients et les non-conformités récentes. En QSE, complétez avec l’analyse environnementale, le document unique d’évaluation des risques et le registre de veille réglementaire.

Cette analyse documentaire a deux objectifs. D’abord, elle vous permet de comprendre comment le processus est censé fonctionner. Ensuite, elle révèle déjà des pistes. Un indicateur qui se dégrade depuis trois mois, une action restée ouverte ou une procédure jamais mise à jour sont autant de sujets à creuser sur place. Notez-les au fur et à mesure.

Vous pouvez ensuite bâtir le plan d’audit. Ce document précise l’objectif de l’audit, ses critères, son périmètre, la date et les horaires. Il indique aussi les personnes rencontrées, les lieux visités et le temps consacré à chaque thème. Depuis la version 2026 de l’ISO 9001, l’objectif doit être formulé pour chaque audit. Évitez donc une phrase vague comme « vérifier la conformité ». Préférez un objectif précis, par exemple « vérifier que les opérateurs des deux équipes appliquent la nouvelle consigne de tri des déchets dangereux ».

Envoyez enfin le plan à l’audité une semaine avant l’audit. Il pourra ainsi libérer les bonnes personnes et préparer les enregistrements demandés. Cet envoi évite aussi l’effet de surprise, qui crispe les équipes sans rien apporter à la qualité des constats.

La check-list traduit votre plan d’audit en questions concrètes. Elle sert de fil conducteur pendant les entretiens, mais elle ne doit jamais devenir un interrogatoire. Son rôle est de vous éviter les oublis, pas de remplacer votre écoute. Une bonne check-list tient en quatre colonnes. La première rappelle l’exigence ou la règle interne. La deuxième formule la question à poser. La troisième indique la preuve attendue. La quatrième reste vide, car vous y noterez votre constat sur place.

Soignez surtout la formulation des questions. Une question fermée comme « avez-vous une procédure de gestion des déchets ? » appelle un simple oui. Demandez plutôt « comment se passe l’évacuation des déchets dangereux, et qui s’en occupe ? ». L’audité décrit alors sa pratique réelle, et vous pouvez la comparer à la règle écrite.

Pour un audit QSE intégré, mélangez les trois thèmes autour d’un même processus. Chaque question vise une preuve précise : un enregistrement, un bordereau de suivi, une fiche d’accueil signée.

Côté volume, prévoyez quinze à vingt-cinq questions pour une demi-journée. Au-delà, vous survolerez les sujets sans rien approfondir. Ajoutez systématiquement deux ou trois questions sur les écarts du dernier audit, afin de vérifier que les actions ont réellement produit un effet. Enfin, ne recopiez pas la norme ligne par ligne. Une check-list efficace part de vos pistes d’analyse et des risques propres à votre activité. Elle évolue donc à chaque audit.

ExigenceQuestionPreuve attendueConstat
Maîtrise des produits non conformesQue faites-vous d’une pièce hors tolérance ?Zone d’isolement identifiée, fiche de non-conformité
Gestion des déchetsOù partent les huiles usagées ?Bordereau de suivi des déchets dangereux
Compétences et sensibilisation SSTComment avez-vous été formé aux risques de votre poste ?Fiche d’accueil sécurité signée

La réunion d’ouverture donne le ton de toute la journée. Elle dure rarement plus de quinze minutes, mais elle conditionne la qualité des échanges qui suivent. Invitez le responsable du processus audité, les personnes que vous allez rencontrer et, si possible, un membre de la direction. Leur présence montre que l’audit compte pour l’entreprise. Commencez par les présentations, puis rappelez l’objectif de l’audit, son périmètre et ses critères. Confirmez ensuite le planning : horaires des entretiens, lieux visités et heure de la réunion de clôture. Si un imprévu oblige à modifier l’ordre des étapes, c’est le moment de l’ajuster.

Expliquez ensuite votre méthode. Vous allez mener des entretiens, observer les pratiques sur le terrain et consulter des enregistrements par échantillonnage. Précisez que vous ne vérifierez pas tout, mais un échantillon représentatif. Présentez aussi la façon dont vous classerez les constats : points forts, pistes de progrès et non-conformités.

Le passage le plus important reste le message de confiance. Dites clairement que l’audit évalue le système, pas les personnes. Un écart révèle une faiblesse d’organisation, pas une faute individuelle. Rappelez aussi que les échanges restent confidentiels et que le rapport ne citera personne nommément. Vous pouvez dire, par exemple, que votre rôle est d’aider l’équipe à repérer ce qui peut être amélioré avant l’auditeur externe.

Pensez enfin aux règles de sécurité du site. Demandez quels équipements de protection porter dans l’atelier et quelles zones exigent un accompagnement. Un auditeur QSE qui néglige ces consignes perd immédiatement sa crédibilité. Terminez en demandant si quelqu’un a des questions, puis notez les présents sur une feuille d’émargement. Elle servira de preuve dans votre rapport.

Mener les entretiens et collecter les preuves

L’essentiel de l’audit se joue sur le terrain. Quittez la salle de réunion dès que possible et rendez-vous là où le travail se fait réellement : atelier, entrepôt, chantier ou accueil client. Interrogez les opérateurs, pas seulement leurs responsables. Ce sont eux qui appliquent les règles au quotidien.

Pendant l’entretien, alternez trois techniques simples. Posez d’abord une question ouverte pour laisser la personne décrire sa pratique. Demandez ensuite à voir, avec une formule comme « montrez-moi comment vous faites ». Reformulez enfin ce que vous avez compris pour éviter tout malentendu. N’ayez pas peur des silences. Ils poussent souvent l’audité à compléter sa réponse.

Pour fiabiliser vos constats, croisez trois sources : ce que l’on vous dit, ce que vous observez et ce qui est écrit. Une consigne affichée mais ignorée par l’équipe, ou une pratique correcte mais jamais tracée, constitue un vrai constat. Utilisez aussi la technique du fil conducteur. Partez d’une commande client, d’un déchet ou d’un accident, puis remontez toute la chaîne des enregistrements associés.

Côté échantillonnage, examinez quelques éléments plutôt qu’un seul. Cinq fiches de contrôle choisies au hasard sur trois mois donnent une image plus juste qu’un dossier présenté par l’audité. Notez chaque preuve avec précision : nom du document, date, lieu et référence. Écrivez par exemple « fiche de contrôle du 12 septembre non signée, poste 3 ». Une note vague comme « contrôles mal faits » ne pourra pas être défendue.

Enfin, restez neutre en toute circonstance. Ne discutez pas les règles avec l’audité et ne proposez pas de solution sur place. Signalez simplement les écarts possibles au fil de la journée. Ainsi, la réunion de clôture ne réservera aucune mauvaise surprise.

Présenter les constats en réunion de clôture

Avant la réunion de clôture, accordez-vous une demi-heure seul ou avec votre binôme. Relisez vos notes, regroupez les constats similaires et classez-les. Une non-conformité majeure remet en cause l’efficacité du système, par exemple une exigence totalement absente. Une non-conformité mineure correspond à un écart ponctuel qui ne compromet pas l’ensemble. Viennent ensuite les observations, qui signalent un risque d’écart, et les pistes de progrès. N’oubliez pas les points forts, car ils comptent autant que le reste.

Rédigez chaque non-conformité en trois parties : l’exigence concernée, le constat et la preuve. Par exemple, la norme demande de conserver les preuves de compétence. Or, deux intérimaires arrivés en septembre ne disposent d’aucune fiche d’accueil sécurité signée. Formulé ainsi, le constat reste factuel et personne ne peut le contester.

La réunion elle-même dure vingt à trente minutes. Remerciez d’abord les équipes pour leur disponibilité. Rappelez ensuite l’objectif et le périmètre, puis précisez que l’audit repose sur un échantillon. Il peut donc exister d’autres écarts non détectés. Présentez les points forts en premier, avant d’aborder les non-conformités une par une.

Après chaque constat, vérifiez que l’audité l’a bien compris. Il peut ne pas être d’accord. Dans ce cas, écoutez ses arguments sans entrer dans un débat. S’il apporte une preuve nouvelle, corrigez votre constat. Sinon, maintenez-le calmement et notez le désaccord dans le rapport.

Pour terminer, annoncez la suite. Précisez dans quel délai le rapport sera transmis, en général sous une semaine. Fixez aussi la date de remise du plan d’actions par le responsable du processus. Chacun repart ainsi avec une vision claire des prochaines étapes et de ses responsabilités.

audit interne QSE

Un audit intégré ne consiste pas à enchaîner trois audits séparés. Il repose sur une idée simple : auditer une seule fois ce qui est commun, puis approfondir ce qui est propre à chaque norme. Grâce à la structure harmonisée de l’ISO, les chapitres 4 à 10 suivent le même ordre dans les trois référentiels. Le contexte, le leadership, la planification, le support, l’évaluation des performances et l’amélioration se retrouvent partout. Vous pouvez donc vérifier la revue de direction, la maîtrise documentaire ou le traitement des actions correctives en une seule fois.

Chaque norme garde toutefois ses exigences spécifiques. La norme ISO 45001 impose d’ailleurs de communiquer les résultats d’audit aux travailleurs et à leurs représentants.

La dimension réglementaire mérite une attention particulière. En France, un audit QSE ne peut ignorer le document unique d’évaluation des risques, le suivi des déchets ou les obligations liées aux installations classées. Un écart réglementaire pèse souvent plus lourd qu’un écart normatif, car il expose l’entreprise à des sanctions.

Les éditions de référence ont aussi évolué en 2026. L’ISO 14001 a été révisée en avril, la norme ISO 19011 en mai et l’ISO 9001 en septembre. L’ISO 45001 reste, à ce jour, dans son édition de 2018, amendée en 2024. Le tableau suivant récapitule, pour chaque norme, l’édition en vigueur, l’exigence d’audit et les points à vérifier en priorité.

NormeÉdition en vigueurExigence d’audit internePoints à vérifier en prioritéSource officielle
ISO 9001 (qualité)2026, publiée le 16 septembre 2026Chapitre 9.2, avec un objectif défini pour chaque auditSatisfaction client, prestataires externes, conformité des produits et services, culture qualitéISO.org – ISO 9001:2026
ISO 14001 (environnement)2026, publiée en avril 2026Chapitre 9.2Aspects environnementaux, cycle de vie, obligations de conformité, situations d’urgenceISO.org – ISO 14001:2026
ISO 45001 (santé-sécurité)2018, amendée en 2024Chapitre 9.2, résultats communiqués aux travailleursDangers et risques, participation et consultation des travailleurs, préparation aux urgencesISO.org – ISO 45001
ISO 19011 (méthode d’audit)2026, publiée en mai 2026Lignes directrices, non certifiablesPilotage du programme, conduite de l’audit, compétences des auditeurs, audit à distanceISO.org – ISO 19011:2026
Audit interne QSE

Le rapport d’audit transforme vos constats en décisions. Rédigez-le tant que vos souvenirs sont frais, idéalement dans les deux jours qui suivent l’audit, et diffusez-le sous une semaine. Au-delà, les équipes ont déjà tourné la page et le rapport perd une grande partie de son impact.

Un bon rapport tient souvent en trois à cinq pages. Il commence par une partie d’identification : date, auditeurs, personnes rencontrées, objectif, critères et périmètre de l’audit. Vient ensuite une synthèse de quelques lignes, destinée à la direction. Elle répond à une seule question : le processus audité atteint-il ses objectifs et respecte-t-il les exigences ?

Le cœur du rapport présente les constats dans l’ordre déjà utilisé en réunion de clôture. Commencez par les points forts, puis détaillez les non-conformités, les observations et les pistes de progrès. Reprenez pour chaque non-conformité la structure en trois parties : exigence, constat, preuve. N’ajoutez aucun élément qui n’a pas été présenté oralement. L’audité doit retrouver dans le rapport exactement ce qu’il a entendu.

Soignez aussi le style. Écrivez des phrases courtes et factuelles, sans adjectif ni jugement. Remplacez par exemple « une gestion des déchets catastrophique » par « trois bennes sans étiquetage dans la zone de stockage extérieure ». Ne citez jamais le nom d’un salarié, mais seulement sa fonction ou son poste. Mentionnez enfin les limites de l’audit, comme un service absent ou un échantillon réduit, ainsi que les éventuels désaccords.

Diffusez le rapport au responsable du processus, au pilote du programme d’audit et à la direction. Joignez le plan d’audit et la feuille d’émargement en annexe. Conservez l’ensemble dans votre système documentaire, car l’auditeur de certification vous le demandera.

Comment traiter les non-conformités ?

Une non-conformité ne se referme pas en corrigeant simplement le problème visible. Les normes distinguent deux niveaux de réponse. La correction traite l’écart constaté, tandis que l’action corrective supprime sa cause pour éviter qu’il se reproduise. Les deux sont nécessaires, mais seule la seconde améliore réellement le système.

Le traitement revient au responsable du processus audité, pas à l’auditeur. L’auditeur constate, le responsable décide et agit. Cette séparation protège l’objectivité de l’audit suivant.

Reprenons l’exemple des deux intérimaires sans fiche d’accueil sécurité. La correction consiste à les accueillir et à faire signer leur fiche dès le lendemain. Il faut ensuite comprendre pourquoi l’écart s’est produit. La méthode des cinq pourquoi suffit souvent. Pourquoi aucune fiche ? Parce que les intérimaires arrivent directement au poste. Pourquoi ? Parce que l’agence d’intérim prévient l’atelier, pas le service sécurité. La cause est trouvée : le circuit d’information. L’action corrective consiste alors à modifier la procédure d’arrivée et à prévenir l’agence.

Pour les écarts plus complexes, le diagramme d’Ishikawa aide à explorer toutes les familles de causes, comme la méthode, le matériel ou la formation. Vérifiez aussi si le même écart peut exister ailleurs, par exemple sur un autre site ou dans une autre équipe. Les normes le demandent explicitement.

Formalisez enfin le tout dans un plan d’actions. Pour chaque non-conformité, indiquez la cause retenue, l’action prévue, le responsable, le délai et la preuve attendue. Fixez des délais proportionnés à la gravité, par exemple un mois pour une non-conformité majeure et trois mois pour une mineure. Le pilote du programme suit ensuite l’avancement lors de points réguliers.

Non-conformitéCauseAction correctiveResponsableDélaiPreuve attendue
2 intérimaires sans fiche d’accueil sécuritéAgence d’intérim qui prévient l’atelier, pas le service sécuritéNouvelle procédure d’arrivée, information de l’agenceResponsable sécurité1 moisProcédure mise à jour, fiches signées des 3 prochains arrivants

Comment mesurer l’efficacité des actions après l’audit interne QSE ?

Une action réalisée n’est pas forcément une action efficace. La procédure a peut-être été modifiée, mais est-elle appliquée ? L’écart a-t-il vraiment disparu ? Les normes demandent de vérifier ce point avant de clôturer une non-conformité. C’est aussi l’un des sujets que l’auditeur de certification examine avec le plus d’attention.

Pour y parvenir, fixez le critère d’efficacité dès la rédaction du plan d’actions. Il doit être mesurable et observable. Dans notre exemple, le critère peut être que les trois prochains intérimaires disposent d’une fiche d’accueil signée le jour de leur arrivée. Sans critère défini à l’avance, la vérification devient une simple impression.

Laissez ensuite passer un délai suffisant, en général deux à trois mois. Une vérification trop rapide ne prouve rien, car le nouveau fonctionnement n’a pas encore été éprouvé. Retournez alors sur le terrain et contrôlez un échantillon, comme lors de l’audit initial. Cette vérification peut être confiée à l’auditeur ou intégrée au prochain audit du processus.

Deux cas se présentent. Si le critère est atteint, clôturez la non-conformité en conservant la preuve. Sinon, rouvrez-la et reprenez l’analyse des causes, car la vraie cause n’a probablement pas été trouvée.

Prenez enfin du recul sur l’ensemble de vos audits. Une même non-conformité qui revient sur plusieurs sites révèle un problème d’organisation plus profond. Présentez ces tendances en revue de direction et ajustez votre programme d’audit en conséquence.

Pour piloter cette démarche, suivez deux indicateurs simples. Le premier est le taux d’actions clôturées dans les délais. Le second est la part de non-conformités récurrentes d’un audit à l’autre. Ensemble, ils montrent si vos audits produisent réellement des progrès.

Audit interne QSE

Certaines erreurs reviennent dans presque toutes les entreprises que nous accompagnons. Les connaître vous fera gagner un temps précieux.

La première consiste à réaliser un audit de bureau. L’auditeur lit les procédures, consulte les tableaux de bord et repart sans avoir mis un pied dans l’atelier. Il vérifie ainsi ce qui est écrit, mais jamais ce qui est fait. Or les écarts les plus significatifs se trouvent presque toujours sur le terrain.

La deuxième erreur tient au calendrier. Beaucoup d’entreprises concentrent tous leurs audits internes dans les semaines qui précèdent la certification. Les équipes vivent alors l’exercice comme une course contre la montre. Les actions correctives n’ont pas le temps de produire leurs effets, et l’auditeur externe le remarque immédiatement. Étalez plutôt vos audits sur toute l’année.

La troisième erreur relève de la posture. Un auditeur qui cherche un coupable obtient des réponses prudentes et des portes fermées. À l’inverse, un auditeur qui s’intéresse sincèrement au travail de chacun récolte des informations précieuses. Gardez en tête que l’audit évalue un système, pas des personnes.

Vient ensuite la qualité des constats. Des formulations vagues comme « manque de rigueur » ou « suivi insuffisant » ne permettent ni de comprendre l’écart ni d’agir. Chaque constat doit s’appuyer sur une preuve précise et vérifiable.

Autre piège fréquent : oublier la réglementation. Un audit centré uniquement sur la norme peut passer à côté d’une vérification périodique d’installation électrique manquante ou d’un registre de déchets incomplet.

Enfin, beaucoup d’audits s’arrêtent au rapport. Les actions sont lancées, puis personne ne vérifie leur efficacité. Les mêmes non-conformités réapparaissent alors l’année suivante, et l’audit perd toute crédibilité auprès des équipes.

Audit interne QSE

Les normes autorisent tout à fait à confier l’audit interne à un prestataire extérieur. L’audit reste alors interne au sens de la norme, puisqu’il est réalisé pour le compte de l’entreprise. La vraie question est donc de savoir quand cette option devient pertinente.

Elle s’impose souvent dans les petites structures. Avec quinze ou vingt salariés, il devient difficile de trouver un auditeur qui n’audite pas son propre travail. Le responsable QSE, souvent seul, ne peut pas s’auditer lui-même. Un regard externe règle immédiatement ce problème d’indépendance.

L’externalisation se justifie aussi dans plusieurs situations précises. C’est le cas lorsque vous préparez une première certification, une transition vers les éditions 2026 ou l’intégration d’une nouvelle norme. C’est aussi le cas lorsque vos auditeurs internes manquent de temps, ou lorsque vos audits finissent par toujours relever les mêmes constats. Un auditeur extérieur apporte alors un regard neuf et l’expérience de nombreuses autres entreprises.

Pour autant, externaliser ne signifie pas tout déléguer. Beaucoup de nos clients choisissent une formule mixte. Ils confient à un expert les processus les plus sensibles, comme la sécurité ou la conformité réglementaire, et gardent les autres audits en interne. D’autres demandent à nos auditeurs de réaliser les premiers audits en binôme avec leurs équipes, afin de les former en situation réelle.

Notre équipe réalise ainsi des missions d’audit interne QSE dans toute la France. Nos consultants sont certifiés IRCAet interviennent depuis plus de dix ans en qualité, environnement et santé-sécurité. Ils construisent avec vous le programme, réalisent les audits et vous aident à bâtir un plan d’actions réaliste. Vous gagnez du temps et vous abordez la certification avec beaucoup plus de sérénité.

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